LAURENT METTRAUX

 

Route Principale 160, CH-1791 Courtaman (Suisse)

Tél. + fax : (+41) 26/684.18.65, E-mail : laurent.mettraux(at)bluewin.ch

 

 

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ELOGIO DELLA NOTTE

                                                                                                                                             

 

                                   

(II)

 

Sol io ardendo all'ombra mi rimango,                 

Seul moi, ardant, demeure à l'ombre

Quand'el sol de' suo razzi el mondo spoglia:                 

Lors que le soleil de ses rayons dépouille le monde;

ogni altro per piacere, e io per doglia,

Les autres par plaisir, mais moi de deuil,

prostrato in terra, mi lamento e piango.

Gisant à terre, me lamente et pleure.

 

 

 

 

(XXXIX)

 

Del fiero colpo e del pungente strale                                   

D'un coup terrible et par un dard acéré,

la medicina era passarmi'l core;

Me pourfendre le cœur était le remède;

ma questo è propio sol del mie signore,

Mais il appartient à mon seigneur lui seul

crescer la vita dove cresce 'l male.  

D'accroître la vie où croît le mal.

 

 

 

 

(CIV)

 

Colui che fece, e non di cosa alcuna, 

Celui qui du néant tira le temps,

il tempo, che non era anzi a nessuno,                 

Avant même que rien ne fût,

ne fe' d'un due e diè 'l sol alto all'uno,                 

En fit deux parts, donnant le lointain soleil à l'une,

all'altro assai più presso diè la luna

Et la lune à l'autre, beaucoup plus proche,

 

 

Onde 'l caso, la sorte e la fortuna

Afin que pour chacun, en un instant,

in un momento nacquer di ciascuno;                     

Viennent le hasard, le sort et le destin;

e a me consegnaro il tempo bruno

Et à moi fût assigné le temps de l'obscurité

come a simil nel parto e nella cuna.   

Comme mon semblable dès la naissance et le berceau.

 

 

E come quel che contrafà se stesso,

Et comme qui se contrefait soi-même,

Quando è ben notte, più buio esser suole,   

Comme la nuit qui plus avance, plus est sombre,

ond'io di far ben mal m'affliggo e lagno.   

Ainsi moi ai-je beau faire, je m'attriste et me plains.

 

 

 

 

(CIII)

 

ma l'ombra sol a piantar l'uomo serve.

Mais seule l'obscurité permet à l'homme de grandir.

 

 

 

 

(CII)

 

O notte, o dolce tempo, benché nero,                     

O nuit, temps de la douceur bien que sombre,

con pace ogn' opra sempr' al fin assalta;   

Qui de ta paix finalement conquiert toute oeuvre;

ben vede e ben intende chi t'esalta,

Il sait comprendre et bien juger, celui qui t'exalte,

e chi t'onor ha l'intelleto intero.

Et celui qui t'honore a l'esprit sage.

 

 

Tu mozzi e tronchi ogni stanco pensiero  

Tu romps et interromps toute pensée lasse,

che l'umid' ombra e ogni quiet' appalta,   

Remplacée par l'humide et toute paisible obscurité,

e dall'infima parte alla più alta

Et dans les rêves profonds tu transportes

in sogno spesso porti, ov'ire spero.

De la fange au zénith, où j'espère arriver.

 

 

O ombra del morir, per cui si ferma                 

O image de la mort, par laquelle se termine

ogni miseria a l'alma, al cor nemica,    

Toute peine à l'âme et au cœur hostile,

ultimo delli afflitti e buon rimedio;

Ultime et bonne médecine aux affligés;

 

 

tu rendi sana nostra carn' inferma,   

Tu guéris notre chair maladive,

rasciughi i pianti e posi ogni fatica,                 

Sèches nos larmes, et reposes toute fatigue,

e furi a chi ben vive ogn'ira e tedio.

Et à qui bien vit enlève colère et ennui.

                 

 

Michelangelo Buonarroti

 

La numérotation des poèmes est celle de l'édition italienne complète. Seul le sonnet 102 a été employé en son entier. La traduction est celle du compositeur.